Antivirus

Pour tenir à l'écart les vilaines bêtes, j'installe, dès aujourd'hui, un super système de protection...




Voilà, du bon boulot, je crois. On devrait être tranquille, à l'avenir...

Buren, Ireland, 2009

Aparté


Beaubourg, 2008


Refaire toujours la même chose ne me dérange pas, ce n’est jamais tout à fait la même. Je préfère la variation au changement. J’ai remarqué, avec le temps, que, de la répétition, surgissait l’inattendu, l’inespéré.


Q.C.M.


Lors d’un échange virtuel privé, la question a surgi ;

 “Sont-ils tous fous ou bien est-ce moi ?”


 J’ai répondu comme ça vient, en me mettant en mots, et j’ai donc pu apprendre ce que j’en pensais. 



a) La folie est déterminée par l’idée que chacun se fait de la norme, des limites, de l’acceptable, de l’insupportable, blablabla...  Bref, de ce qui fait son monde, des efforts qu’il fait pour rester debout. Le fou est celui qui dérange le désordre établi, qui menace l'équilibre, dehors comme dedans...



b) Les hommes sont tous fous mais ils n’y peuvent rien, c’est dans leur culture, cet état second dans lequel ils entrent en arrivant sur Terre.


c) La “folie” (maison vide) peut avantageusement être remplacée par “possession”. Le fou est celui qui est possédé, celui qui ne s’appartient pas ou plus... 




A Stéphane, Serge et les autres...

Sainte Victoire, 01/11/09  Iphone

Je cours. Depuis des années, je cours, seul, le matin, tôt. En pleine nature. Je cours pour rien, sentir la terre vibrer sous mes pieds, respirer fort, garder le rythme, prendre le temps à son propre jeu... 

J'aime quand la pensée, entraînée par l'agitation des jambes, se libère, et chemine à son tour ; ça travaille en haut pendant que ça remue en bas. J’oublie alors que je cours,  je ne me souviens pas d'avoir parcouru certaines portions, je suis ailleurs, en l'air. 

Hier matin, il était très tôt, je préfère quand c’est difficile, pluie, brouillard, neige, froid... ça ajoute de l'intensité, je me sens vivre, je dois chaque fois surmonter une légère tension, faire taire la petite voix qui s'inquiète et me chuchote " et si on rentrait, tu vois bien, ce n'est pas très raisonnable"... 

Il faisait frais et sombre, j’avais choisi mon parcours, j'ai en magasin tous les formats, toutes les options, tous les dénivelés... J'avais prévu le tour de base, les deux barrages, auquel je comptais ajouter la boucle dans la réserve. J’avais vissé l’Ipod, fermé le coupe vent jusqu’au menton, je trottinais, je venais de passer la deuxième côte, j’allais plonger dans la longue descente quand je l’ai vu, de dos, à moins de dix mètres, au milieu du sentier, noir et brun, massif. J’ai respiré longuement, cherché du regard son maître, il n’y avait personne, la bête était arrêtée, là, lourde d'une menace, elle s’est tournée vers moi, m’a évalué et n’a pas manifesté le moindre signe d’agressivité, ni grognement, ni aboiement, rien, elle restait plantée, postée, impossible de déterminer son intention. J’ai hésité un instant, puis j’ai fait tranquillement demi-tour, et suis passé de l’autre côté pour rejoindre le barrage. Après avoir retrouvé mon calme, j’ai souri, j’avais compris, je venais juste de croiser Anonyme...